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La mhd vous informe - 006

Beaucoup d’activités pour vous à l’approche de l’hiver, à commencer par tous ces ménages écobâtisseurs qui (tout comme nous) vous ouvrent leurs portes. Comme promis, l’article sur le ravalement des façades à approfondir lors d’une séance d’info. Enfin, nous continuons à explorer les produits de chez nous avec un dernier article sur l’argile.
Bonne lecture !


Ravalement de façade

Il existe diverses techniques de nettoyage à l’eau, à base de produits chimiques ou mécaniques, ayant chacune des avantages et inconvénients. Les différentes techniques sont à prendre en considération en fonction du type de matériau qui constitue la façade.

Ainsi, l’exemple le plus courant chez nous, pour des murs tendres (briques, certaines pierres et enduits), choisissez la méthode douce ! Les techniques trop fortes de projection de granulats ou d’eau à haute pression entraînent toujours une abrasion : une partie de matières est enlevée avec la crasse incrustée. Et une abrasion trop importante fera en sorte que la saleté s’accroche plus facilement à la paroi par la suite. La maîtrise de la main qui effectue le travail est donc primordial.

Le nettoyage mécanique

Les sablages à sec et hydrosablages (projection à haute pression d’eau et de sable) sont donc à proscrire sur des façades tendres. On préconisera plutôt, en fonction de la saleté, un micro-sablage (mélange sable fin et eau à très basse pression).

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De même, la technique de nettoyage à l’eau à haute pression (ex. : systèmes Kärcher…) qui consiste à éliminer la saleté instantanément à l’aide d’un jet d’eau à haute pression, est aussi à proscrire. L’apparition de nombreux appareils sur le marché fait que cette technique est malheureusement utilisée de plus en plus souvent. Si elle peut convenir sur des matériaux durs, elle est vivement déconseillée pour les matériaux tendres ou altérés et les joints qui peuvent être éliminés. Le mur poreux reçoit également une quantité d’eau très importante qui mettra du temps à s’évacuer.

Quelle que soit la technique utilisée, pour garantir la réussite de l’opération, il est toujours préférable de demander un test au préalable ou d’intégrer au cahier des charges une « obligation de résultats », à l’appui de photographies prises avant travaux (respect de la physionomie des matériaux). En général, pour garder une maçonnerie en bon état, il est conseillé de la nettoyer au jet d’eau à basse pression tous les deux ou trois ans et de la brosser légèrement (pas avec une brosse aux poils d’acier !).

La réfection des joints

La qualité de la réfection des joints est très importante après le nettoyage. C’est en effet là que l’humidité sort. Si le joint est trop « dur », trop imperméable, tel un mortier trop riche en ciment ou à base de sable fin, il retient l’humidité dans les murs et provoque des fissures, des décollements ; la maçonnerie se fragilise et la brique devient pulvérulente (se réduit en poudre). Il est donc conseillé, surtout pour les maisons datant d’avant 1930, d’utiliser de la chaux pour le rejointoyage.

La chaux, le ciment, l’enduit synthétique ou organique
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Pendant des siècles, les enduits, les maçonneries et les joints ont été fabriqués à base de chaux. Ce matériau naturel possède de nombreux avantages dont le principal est sa perméabilité à la vapeur d’eau (évaporation de l’humidité contenue dans le mur). Etant très souple, la chaux limite l’apparition de fissures. Elle résiste bien au gel et respecte les matériaux (bois, pierre, brique…). Il existe différents types de chaux naturelles (NHL 2, NHL 3,5, NHL 5 ou chaux aérienne). Attention aux chaux NHL-Z qui contiennent du ciment et n’ont plus la même perméabilité et souplesse qu’une chaux naturelle. De même un mélange « bâtard » (chaux et ciment) ne peut contenir plus de 10% de ciment. Ce mélange n’étant a priori pas vraiment nécessaire, car la NHL 5 a une prise suffisamment rapide et une bonne résistance à la compression (il suffit de voir les édifices romains).

Dans les années 1930, la chaux est remplacée peu à peu par le ciment, apprécié pour sa prise rapide et sa résistance mécanique élevée. Le ciment permet une multitude d’effets décoratifs et l’ennoblissement de la façade par des moulures en référence à la pierre. Celui-ci possède néanmoins des caractéristiques moins intéressantes que la chaux, notamment sa moindre perméabilité à la vapeur d’eau. De plus, l’emploi d’un mortier de ciment (plus dur) dans un bâtiment ancien à la chaux (plus souple) crée des tensions internes, sources de fissures (notamment au niveau des joints).

Les nouvelles générations organiques (revêtements plastiques) ou synthétiques, à base de résines, sont imperméables à l’eau et respirent donc pratiquement pas comparé à un enduit minéral (à base de chaux). Ils peuvent être utilisés avec moins de risques dans des constructions modernes et parfois en rénovation.

Hydrofugation de votre façade… Attention !

Il existe de nombreux traitements hydrofuges qui permettent de protéger la brique et la pierre apparente. Un hydrofuge est un produit incolore qui permet d’imperméabiliser les matériaux poreux. Le choix est important car certains produits contenant des résines peuvent réduire fortement la « respiration » des murs.

C’est donc une application qu’il ne faut pas prendre à la légère et qui exige une façade en très bon état (pas de fissures, pas de champignons ou de mousse, pas de sels, pas d’humidité…) et une bonne connaissance du comportement hygrothermique du mur. L’hydrofuge ne bouche pas les fissures et n’est pas un traitement contre les champignons et les sels.

Si les fissures ne sont pas rebouchées avant le traitement, l’humidité qui s’y infiltre avec l’écoulement des pluies a de grande chance de rester dans le mur. L’hydrofuge empêchant l’évaporation de celles-ci. Si les champignons et/ou les sels ne sont pas traités auparavant avec les produits adéquats, ceux-ci resteront enfermés derrière l’hydrofuge et continueront leur travail de dégradation.

JPEGL’hydrofuge est un traitement qui pénètre dans les pores sur une profondeur de plusieurs millimètres et, s’il est bien appliqué, reste pour une durée de 15 à 30 ans. C’est donc une application quasi permanente (presque comme un tatouage), qui nécessite pour l’enlever, un sablage ou un décapage de la façade de plusieurs millimètres (ce qui la fragilisera).

Le nettoyage chimique

Vu la complexité des réactions chimiques en jeu (matières qui composent le mur et produits utilisés), nous ne développons pas cette thématique ici. Quelques principes à retenir :
- Ces traitements ne sont généralement pas anodins ni pour l’environnement ni pour la santé.
- Faites toujours appel à un professionnel.
- Vérifiez toujours l’adéquation du traitement au préalable sur une petite surface peu visible pour éviter d’altérer la façade.

Pour aller plus loin


- Cette thématique sera abordée à la maison de l’habitat durable le mardi 25 novembre de 17h30 à 19h00 lors d’une séance d’info sur le nettoyage et l’entretien des façades.
- Fiche info téléchargeable réalisée par Espace Environnement : "http://www.espace-environnement.be/pdf/urba_beaureg_sablage.pdf".


Nos prochaines activités

- Journée de rencontre avec des professionnels locaux dans le cadre des Portes ouvertes Écobâtisseurs samedi 08 novembre 2014 de 13h à 17h30 pour tous
- Isolation de toiture et étanchéité à l’air samedi 22 novembre 2014 de 10h à 14h pour tous
- Nettoyage et entretien de façades mardi 25 novembre 2014 de 17h30 à 19h pour tous
- Pas à pas, je réussis ma rénovation (dans le cadre du salon Récup’ère) samedi 29 novembre 2014 après-midi (heure à confirmer) pour tous
- Comment choisir un matériau d’isolation ? (dans le cadre du salon Récup’ère) samedi 29 novembre 2014 après-midi (heure à confirmer) pour tous
- La communication du couple en rénovation lundi 1er décembre 2014 de 18h à 20h pour tous
- Chauffe-eau solaire samedi 13 décembre 2014 de 10h à 12h pour tous
- Atelier - Fabrication de peintures samedi 20 décembre 2014 de 10h à 15h pour tous

Notes :
- Ces activités sont gratuites mais les places sont limitées. L’inscription est donc obligatoire.
- Via ce lien, retrouvez d’autres activités "habitat durable" épinglées pour vous !


A l’ère de la récup’ ? Un salon qui s’ouvre à la construction...

La 2e édition du Salon RECUPère, c’est à Namur Expo les 28, 29 et 30 novembre prochains. Sur 8000 m², plus de 100 exposants de vente, de démonstrations, d’animations, d’ateliers créatifs et de conférences sur la réutilisation d’objets et l’éco-consommation. Une constante, c’est la participation du public et la place donnée à l’imagination. Cette année, RECUPère le fera avec l’aide des technologies numériques sous le signe de l’économie circulaire.

Les nouveautés en construction, c’est à découvrir le samedi 29/11 à RECUPère, lors des conférences sur la « Réutilisation des matériaux » par Upcycling studio d’architectes SPRL et sur la rénovation version « Prendre son chantier en main » par la maison de l’habitat durable lors des 2 conférences "Pas à pas, je réussis ma rénovation !" et "Quel matériau d’isolation choisir ?".

À rencontrer pendant les 3 jours sur leur stand : des designers, des acteurs pionniers ou précurseurs et le Cluster Éco-construction, représentant de multiples entreprises du secteur.

Plus d’infos sur www.recupere.be ou 0470/42 2001.

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Le salon RECUPère est une initiative de l’Échevinat de l’Environnement de la Ville de Namur.


Portes Ouvertes Écobâtisseurs – chez nous aussi !

Si vous avez été enchanté par ce 1er week-end ou si vous venez juste de le rater, il vous reste quelques jours pour vous inscrire aux visites des Portes Ouvertes Écobâtisseurs du 2e long week-end des 8-9-10-11 novembre 2014 !

À savoir

Ce prochain long week-end sera l’occasion de découvrir, de manière originale et concrète, des exemples de constructions et de rénovations durables. Des habitants vous ouvrent exceptionnellement les portes de leurs maisons et partagent leur expérience.

Ce samedi 8 novembre, de 13h à 17h30 nos portes vous seront grand ouvertes ! Au programme de notre circuit découverte (organisé en partenariat avec le projet européen Interreg IVb Livinggreen) : 2 visites du chantier, une conférence « L’habitat durable, c’est plus que l’énergie » (pour comprendre les enjeux) et un espace de rencontre "forum d’entreprises locales" avec un panel de professionnels locaux actifs dans le durable. Toutes les activités se font au départ de et à la rue de l’Écluse, n° 10 à 6000 Charleroi… Inscription gratuite mais obligatoire !

Au plaisir de vous y voir !

Inscriptions obligatoires


- Pour nos portes ouvertes et la conférence sur notre site : www.maisonhabitatdurable.be/ecobatisseurs
- Pour les autres visites, via le site : www.ecobatisseurs.be


Pas besoin de s’éclairer à la bougie pour faire des économies !

Rejoignez l’Energy Challenge 2014, pour économiser sur votre facture d’énergie, c’est maintenant ! Deux possibilités s’offrent à vous : en tant que simple participant ou en tant que challenger. Vous serez d’office gagnant !

Plus de renseignements et inscriptions (jusqu’au 15 novembre) : www.energychallenge.be - info@energychallenge.be – 081/730 730


Les enduits à l’argile made in Belgium

Depuis des milliers d’années, l’être humain utilise l’argile dans son habitat, sous de nombreuses formes (briques de terre crue, enduits, torchis, peintures…). C’est l’un des meilleurs (si pas le meilleur) régulateurs d’humidité naturels dans une maison. Son utilisation dans l’habitat permet d’avoir un sentiment de confort continu et en toute saison.

L’enduit à l’argile

L’enduit est la façon la plus simple et la plus rapide de bénéficier de ses atouts dans votre maison. Il s’utilisera donc facilement en rénovation. Les mises en œuvre et les finitions possibles sont très nombreuses, par exemple en plusieurs couches sur un mur de brique nu ou même en finition sur un mur déjà plafonné au plâtre (moyennant un primaire accrocheur). Certaines marques ont aussi des mélanges pouvant être projetés à la machine en une seule couche, ce qui permet de couvrir de grandes surfaces en peu de temps et rend ainsi le produit plus accessible à un usage professionnel.

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La couleur de l’enduit dépend de la provenance de la terre et du mélange réalisé (argile et sable, avec parfois de la paille). Généralement brun, il existe cependant plusieurs nuances de bruns et d’autres couleurs sont également disponibles (blanc, gris-noir, rouge…).

Les avantages en bref

- Sa capacité à réguler l’humidité naturellement. L’argile a en effet la particularité d’absorber l’humidité dans l’air et de la restituer naturellement au moment le plus propice. Contrairement aux nouveaux matériaux de construction modernes, l’argile permet de conserver naturellement les boiseries d’un bâtiment (ossatures bois, vieux colombages…). Elle absorbe l’humidité excédentaire du bois et le garde donc bien sec. Bons régulateurs, les enduits à l’argile sont donc très utiles dans les salles de bains, les ossatures bois (avec un air trop sec) ou les maisons trop humides.

- Son inertie. Grâce à son poids plus important que les matériaux conventionnels, l’argile en enduit est très intéressante pour stocker la chaleur (poêle de masse, murs ou sols recevant la chaleur du soleil…) ou même pour l’acoustique (moins de réverbération ou de transmission du bruit aériendu fait de sa structure granuleuse).

- Sa plasticité, qui permet une adaptation parfaite aux inégalités et imperfections typiques d’anciens bâtiments. De plus, un enduit imparfait (« fait maison ») est beaucoup moins dérangeant à l’argile qu’avec un enduit classique. Son utilisation est donc fort prisée par les auto-constructeurs. Sa plasticité permet aussi une créativité sans limites. Ce n’est pas pour rien que l’argile est également utilisée en sculpture.

- Travail facile : Son temps de séchage plus lent que celui du plâtre stressera moins les personnes moins habituées à plafonner. De plus, l’argile peut être retravaillée facilement lorsqu’on la mouille.

- Son atout « santé  ». L’argile ne déclenche aucune allergie et n’émet aucune pollution intérieure.

- Son atout « perspirant  ». L’argile est ouverte à la vapeur d’eau, contrairement au ciment ou au plâtre. À condition de ne pas y appliquer une peinture latex, un papier peint ou autre élément fermé à la vapeur d’eau.

- Son atout environnemental. Sans adjuvants, l’enduit à l’argile ne nécessite pas d’être recyclé. La terre retourne à la terre. L’énergie grise est très très faible et sa pollution est nulle.

- Propriété ignifuge  : l’argile ne brûle pas.

L’argile pour la construction aussi produite en Belgique

L’utilisation de l’argile dans le secteur de la construction est fort prisée dans de nombreux pays du monde. Moins en Belgique, mais il refait lentement surface depuis le début des années 2000, notamment via des produits provenant d’Allemagne (Claytec), des Pays-Bas (Terrafino) ou de France (Argilus).

L’engouement de plus en plus marqué du grand public ces dernières années et ses avantages non négligeables ont amené plusieurs producteurs en Belgique à se lancer dans la production d’enduits et de briques d’argile. Des mélanges étudiés, testés et prêts à l’emploi sont donc également produits avec de la terre bien de chez nous. En voici déjà quatre en Wallonie :

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- Argilière Hins
à Saint-Aubain

- Argibat
à Wanlin

- Terres d’Hautrage
à Hautrage

- comptoir des argiles
à Mettet

L’argile de votre terrain

D’autres possibilités existent : lors d’une excavation sur chantier, quelques tests [1] sur l’argile présente dans le sol (en dessous de la bonne terre noire cultivable) peuvent être effectués pour vérifier si elle peut convenir à l’emploi souhaité.

Référence bibliographique pour aller plus loin

Traité de construction en terre – 24 janvier 2006 de Hubert Guillaud et Hugo Houben, CRATerre – Editions Parenthèses.