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la mhd vous informe - 004

bimestriel - 06 mai 2014 - mhd 004

Au menu de cette newsletter : déclinaison du « durable » à toutes les sauces, à commencer par le bois durable, duramen et durabilité... C’est aussi l’occasion de faire un retour (tant attendu) sur un temps fort de février : 150 personnes participaient activement au séminaire « Accès et participation des publics fragilisés à un habitat durable », nous les en remercions. Bonne lecture !


Construire en bois, c’est durable… !

Le retour du printemps fut l’occasion de programmer une séance d’information sur l’utilisation du bois dans la construction, avec Hugues Frère, de l’asbl Hout Info Bois. [1]

Le secteur de la construction bois en Belgique : une enquête et quelques chiffres.

La filière bois est une part non négligeable de notre économie locale : elle assure, en effet, près de 19 000 emplois pour 8 000 entreprises belges. Elle permet une valorisation, en circuits courts, de ressources locales renouvelables.

En janvier 2013, une enquête nationale [2] relative aux bâtiments résidentiels a été menée par Hout Info Bois, avec le soutien financier de la Wallonie. Lors de celle-ci, 2 500 appels ont été enregistrés auprès de 600 entreprises. 232 d’entre elles ont déclaré construire ou rénover en bois. La part des constructions neuves était, en 2012, près de 3 fois plus importante que celle des rénovations (2 241 contre 888). Cette étude met en évidence la crise économique et son impact sur le secteur de la construction. En effet, on constate que le nombre total de réalisations, toutes techniques confondues, tend à diminuer entre 2010 et 2011. Cette diminution est de l’ordre de 13% pour les constructions neuves et de 6% pour les rénovations/extensions.

Le secteur bois se porte plutôt bien !


Cependant, dans cette diminution globale, la construction bois semble tirer son épingle du jeu puisqu’elle enregistre quant à elle une augmentation entre 2011 et 2012 (environ 36% en construction neuve et 15% en rénovation/extension).
Et la déforestation ?
On pourrait penser que l’essor de la construction bois a un impact sur la déforestation… Ce n’est pas le cas : même en additionnant les différentes techniques de construction en bois, celles-ci ne représentent que 2,44% du volume de bois belge de structure scié annuellement et nous n’atteindrions que 8% si tout le bois provenait de forêts belges …. Il n’y a donc pas de pression sur cette ressource naturelle dans notre pays !

Construire en bois, pourquoi ?

Produire de l’oxygène et stocker du CO2, à condition de renouveler les forêts, ce qui est bien le cas en Europe !
Le bois possède de nombreux atouts. Couleur, toucher, chaleur, résistance, respirance… Les possibilités de créativité sont infinies à partir du bois brut et de ses dérivés. Le bois permet une valorisation en circuits courts de ressources locales renouvelables.


Le bois est issu de la photosynthèse : grâce au soleil, l’arbre fabrique la matière ligneuse qui le compose, à partir d’eau et de dioxyde de carbone présent dans l’air (le CO2, le fameux responsable de l’effet de serre). Ce faisant, de l’oxygène est libéré (indispensable pour permettre à l’Homme et aux animaux de respirer). Ce processus maintient le taux d’oxygène constant dans l’atmosphère terrestre et fournit toute la matière organique ainsi que l’essentiel de l’énergie utilisées par la vie sur Terre. Utiliser du bois diminue donc notre empreinte carbone !

Par ailleurs, le bois possède de nombreux atouts. Couleur, toucher, chaleur, résistance, respirance… Les possibilités de créativité sont infinies à partir du bois brut et de ses dérivés. Le bois permet une valorisation en circuits courts de ressources locales renouvelables.

Construire en bois, mais comment ?

Pour la construction de la structure des bâtiments, différentes techniques existent :
- l’ossature bois (petites sections de bois porteuses) ;
- le bois massif (le bois massif empilé dit construction en « madriers » et les panneaux en bois massifs) ;
- la construction en poteau-poutre (grosses sections de bois).

L’ossature bois

Cette technique (78% des constructions bois en Belgique) a fortement évolué :
- Initialement les montants verticaux faisaient toute la hauteur de la maison (technique « Balloon-frame »).
- Actuellement, on travaille par étages (« Platform-frame » – les montants font la hauteur d’un étage), ce qui permet de monter plus haut et de diminuer le coût d’achat du bois.
- La structure n’est pas visible, Elle est habillée sur ses deux faces (intérieure et extérieure) par une membrane pare- ou frein-vapeur, pare-pluie et des panneautages pour le contreventement…. Là aussi les habillages ont connu des évolutions.
- Les épaisseurs d’isolant et donc de paroi ont augmenté.
- La connaissance du comportement hygrothermique des parois s’est fortement améliorée ces 10 dernières années. La succession des couches a donc été revue.
Attention, la juxtaposition des éléments constitutifs d’une paroi à ossature ne s’improvise pas !

Sur le site www.houtinfobois.be, des fiches téléchargeables permettent de visualiser différents types de composition de parois.

L’ennemi du bois, c’est l’eau !

Une attention toute particulière doit être portée à la gestion de l’eau (humidité ascensionnelle, infiltrations, fuites d’eau et vapeur d’eau venant de l’intérieur). En effet, si le bois supporte très bien la présence temporaire d’eau quand elle est très rapidement évacuée ; lorsque le taux d’humidité dépasse 20%, gare aux risques de pourrissement et d’attaque de champignons !

Ce qu’on ignore parfois, c’est qu’il y a plus de risque de dégradation par la vapeur d’eau provenant de l’intérieur que par les infiltrations d’eau provenant de l’extérieur.

Sans entrer longuement dans les détails, retenez simplement que le côté extérieur d’une paroi doit toujours être plus ouvert à la diffusion de la vapeur d’eau que sa face intérieure (de 6 à 15 fois plus grande) pour permettre l’évacuation de l’eau si elle venait à y entrer. [3]

Un choix d’essence pour chaque usage

Un tronc d’arbre est constitué, à sa surface extérieure, de l’aubier (cernes clairs et plus jeunes) et en son centre, du duramen (cernes plus âgés et foncés). En construction, pour des usages extérieurs et sans traitement de préservation, l’aubier, quelle que soit l’essence de bois, ne doit jamais être employé car il n’est jamais résistant aux insectes et champignons.

La résistance du duramen aux attaques de champignons, ou durabilité, dépend de l’essence de bois. La durabilité est classifiée en 5 catégories : de la meilleure résistance (classe de durabilité I) à la moins bonne (V).

Une classification en fonction du type d’utilisation est aussi définie. Ce sont les fameuses « classes de risque » ou « classes d’emploi » suivant la norme EN335 : de la situation la plus favorable (classe d’emploi I – en intérieur et taux d’humidité inférieur à 70%), à la situation la plus exposée (classe V – contact direct avec l’eau de mer).

Construire en bois c’est durable… A condition de choisir un bois avec une durabilité adaptée à l’usage et de respecter quelques principes de bonne mise en œuvre…

En fonction à la fois de la classe de durabilité et de la classe d’emploi, la norme EN 460 définit la nécessité ou non d’utiliser un traitement fongicide/insecticide pour augmenter la durabilité du bois de façon artificielle. [4]

Ceci dit, qui dit fongicide ou insecticide, dit « biocide » (littéralement « qui tue la vie ») et n’est donc pas sans conséquences sur la santé ou l’environnement. Si un traitement s’avère indispensable, il vaut mieux préférer ceux ayant l’impact le plus faible pour l’environnement et la santé !

Importance de la conception

La mise en œuvre a ici plus qu’ailleurs toute son importance. L’essence de bois doit être adaptée à son usage et le détail technique doit être soigné.

Connaître ce matériau et respecter quelques principes de base lorsqu’on l’utilise se révèle indispensable pour réussir : permettre la dilatation du bois, l’évacuation de l’eau, respecter l’inhomogénéité du matériau ou d’éventuels défauts (les propriétés varient suivant 3 axes : longitudinal, radial, tangentiel), tirer parti de l’axe longitudinal pour les structures, utiliser des assemblages et fixations adaptés…

Exemple : rénovation d’un espace public

La place des Sciences (piétonne et en bois) à Louvain-la-Neuve a été récemment rénovée. Le bois utilisé à l’origine était une essence tropicale de classe de durabilité I (le meilleur). Malgré cela, les bois étaient fortement dégradés suite à une humidité persistante due à un mauvais détail technique. Le risque d’effondrement était réel.

Les bois ont finalement été remplacés par du chêne indigène (classe de durabilité II, donc moins résistant aux champignons que le précédent) en moindre épaisseur moyennant quelques changements de mise en œuvre pour garantir une bonne ventilation et un bon séchage des bois (placement sur un caillebotis galvanisé...).

Pour aller plus loin

- Trouver de la documentation sur le bois et/ou demander une farde « Bois – guide pour le bon usage » (frais d’envois demandés) : www.houtinfobois.be
- Lire un article sur la rénovation de la place des Sciences.
- Se former en construction bois / dans les métiers du bois : Centre de Formation Bois et Le forem (Wallonie-bois) ; Formation continue post-universitaire sur le bois dans la construction à l’UCL
- Lire aussi la fiche éditée par l’IBGE « Quel bois pour quel usage ? »

[1Cette association fait la promotion et informe sur la construction en bois et les espèces utilisées. Cette association fondée en 1975 s’adresse tant aux architectes et professionnels du bois qu’au grand public qui souhaitent des informations générales ou plus techniques sur le bois et son utilisation.

[3Pour mieux comprendre ces notions de transfert de vapeur d’eau, nous vous invitons à lire l’article « 1, 2, 3 isoler-rendre étanche-ventiler ».

[4Exemples : chez nous, le robinier faux-acacia est de classe de durabilité I, c’est l’équivalent des bois exotiques résistants à l’extérieur. Le chêne et le châtaignier conviennent pour beaucoup d’usages en extérieur (châssis…). Le frêne ou le bouleau ne peuvent certainement pas convenir à un usage extérieur sans traitement.


Retour de séminaires "Habitat durable"

Retrouvez sur ces liens les compte-rendus des séminaires :
- du 11/02 « Entreprendre et vivre un habitat durable » organisé par le Cifop et Espace Environnement, avec la collaboration de la maison de l’habitat durable ;
- du 17/02 « Accès et participation des publics fragilisés à un habitat durable » organisé par la maison de l’habitat durable, avec la collaboration de nombreux partenaires.


Carnet d’un chantier : Le printemps est là et avec lui, vient la lumière…

Suites du chantier de la mhd (4e épisode)

Les jours se rallongent, on y voit de plus en plus clair à la rue de Marcinelle, notamment grâce aux lanterneaux qui ont pris place sur la plateforme du rez-de-chaussée. Avec le beau temps, le chantier a chaussé ses bottes de sept lieues. L’isolation de cellulose, les enduits à la chaux, les plaques de fibro-plâtre, les panneaux de roseau et les câbles électriques eux aussi prennent possession des lieux…

Le rôle fondamental d’une baie est d’apporter de la lumière. Bien pensée, celle-ci peut vous aider à faire de sérieuses économies d’électricité et d’énergie. Le passif de ce point de vue oriente inévitablement le maître d’ouvrage vers du triple vitrage avec châssis bois/alu. Le calfeutrage est réalisé avec de la laine de chanvre (pas de la mousse PU) alors que l’étanchéité à l’air est assurée par des « tapes » (rubans) adéquats. Les coupoles (ou lanterneaux) sont en triple parois en acrylique clair (valeur U de 1,18 W/mK). Dans notre chantier, un châssis avec vitrage RF 60’ sera également posé dans le plan du plafond, ce qui améliorera la valeur U de l’ensemble.

L’enduisage à la chaux a également débuté. La chaux hydraulique (utilisée comme couche de corps) est mélangée avec du sable de rivière. Avant cela, une première « couche », appelée le « gobetis » (l’accroche), est projetée manuellement ou avec une « tyrolienne », la veille. Après séchage, on applique alors la couche de corps (+/- 1 cm). La finition, à base de chaux aérienne, qui sera appliquée en fin de chantier, aura quant à elle une épaisseur de +/- 5 mm. La granulométrie du sable donnera un aspect plus ou moins lisse à la paroi.

Dans la bibliothèque, des panneaux de roseau de 5 cm sont fixés mécaniquement le long des murs courbes sur le lattage (avec vis et rondelles). Ils assureront le support pour l’enduit à l’argile, tout en améliorant encore l’isolation de la paroi. Dans le cas présent, cet enduit sera réalisé en 3 couches (de ragréage, de corps et de finition). La dernière couche est plus fine, avec moins d’argile et plus de sable pour assurer une finition plus nette et sans fissure. Les mélanges s’achètent généralement tout fait.

L’électricité aussi se met en place. Les câbles électriques se faufilent maintenant à travers murs, cloisons et planchers. Mais autant le savoir : dans un chantier comme celui-là, l’électricien doit être informé des principes d’étanchéité à l’air. Il est en effet impensable de percer un trou dans une membrane frein-vapeur pour passer un câble, sans se soucier de l’étanchéité. Pour réaliser ce travail, toute une gamme de produits est à la disposition des électriciens : manchons, boîtiers étanches, membranes plastiques pour passage de câbles... Ici tout particulièrement, on voit l’importance de la communication avec et entre les différents corps de métiers.

- C’est par ici pour accéder aux photos du chantier.
- Prochainement organisés sur le chantier : visite lors du test blowerdoor - atelier d’enduit à l’argile.


Nos prochaines activités

- Humidité, habitat et santé samedi 10 mai 2014 de 10h à 13h pour tous
- Une installation électrique « saine » mardi 20 mai 2014 de 17h à 19h pour tous
- Les toitures plates et végétales samedi 14 juin 2014 de 10h à 15h pour tous
- Comprendre votre mur en rénovation mardi 17 juin 2014 de 17h à 19h pour tous
- Les principes du bioclimatisme samedi 21 juin 2014 de 10h à 15h pour tous
- Gestion des déchets de chantier et récupération de matériaux en rénovation date à confirmer (mai-juin 2014) pour les professionnels
- Sur le chantier mhd : visite lors du test blowerdoor date : mai-juin 2014 en fonction de l’avancement du chantier pour les professionnels
- Sur le chantier mhd : atelier d’enduit à l’argile date : juin 2014 en fonction de l’avancement du chantier pour tous

Notes :
- Ces activités sont gratuites mais les places sont limitées. L’inscription est donc obligatoire.
- Via ce lien, retrouvez d’autres activités "habitat durable" épinglées pour vous !


Professionnels… il y a du « durable » pour tous !

Parmi les acteurs dans la voie du durable, nous aimerions vous présenter l’ASBL Greenwal. Elle a pour objectifs de booster les secteurs de la rénovation et de la construction neuve, et d’établir des ponts entre la formation, la recherche et l’innovation.

Sa mission est de former les acteurs de la construction durable, de développer de nouveaux programmes de formation et de coordonner l’offre de formations en Wallonie pour préparer le secteur à atteindre les objectifs européens et wallons 2020 en matière énergétique et de construction/rénovation durables.

Attentive aux dernières avancées technologiques, l’association propose donc des formations et des conférences à thèmes pour les entrepreneurs, architectes, bureaux d’études, fabricants de matériaux et systèmes, certificateurs et professionnels de la construction. Parmi les conférences qu’elle organise, il y a, par exemple, Plants & Buildings consacrée à la végétalisation des bâtiments (qui connait un franc succès), ou encore des conférences sur la gestion optimale des déchets de construction.

Depuis juillet 2013, l’association gère aussi le portail collaboratif Construction21 Belgique. C’est une plateforme collaborative au service de tous les professionnels de la construction et de la ville durable. Vous pouvez y échanger des informations et des retours d’expériences, y développer votre réseau et vous retrouver entre spécialistes dans des communautés thématiques traitant de tous les sujets du moment.

Greenwal se veut être un espace de diffusion de l’innovation. Elle disposera bientôt d’un lieu physique de démonstration et de formation, situé dans le Parc Créalys à Gembloux. Le bâtiment comprendra un atelier de 1.000 m² dédié à l’enveloppe du bâtiment, un auditoire de 200 places lié à l’atelier enveloppe, 6 ateliers dédiés aux techniques spéciales, un espace d’information et de démonstration, des salles de cours, des salles de réunions et des bureaux. Le bâtiment sera disponible en 2015.

Quelques liens

Présentation générale de Greenwal - Son nouveau lieu de démonstration - Plants & Buildings - Construction21


Des initiatives pour un monde meilleur...

Elles sont de plus en plus nombreuses, identifiées ou non comme initiatives de Transition. Mais quel est ce mouvement... ?

L’objectif des Initiatives de Transition (anciennement appelées Villes en Transition) est la mise en œuvre d’une société plus heureuse et surtout plus résiliente. Nous sentons tous que quelque chose ne va pas dans notre mode de vie, et nous savons que les crises risquent de s’aggraver. Les Initiatives de Transition proposent donc une approche originale : une démarche locale, positive, collective et surtout ouverte à tou(te)s, pour passer à l’action et construire sans plus attendre le monde que nous désirons. [1]

Tableau noir

Notre société est très fragile et va mal. Crises multiples, la planète en pâti lourdement et nous aussi [2].
Ce mal-être général implique un mal-être individuel : augmentation du nombre de cancers et d’allergies, personnes en situation précaire, burnout…

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Mais bonne nouvelle : tout n’est pas perdu !

Espérance : un changement de vision

Face à tous ces constats, 3 possibilités de (ré)agir :
- 1. Le déni : continuons dans nos habitudes, ces crises sont passagères, tout va bien se résoudre d’une manière ou d’une autre, c’est le « business as usual » - déconseillé sauf si l’on veut « suicider » la planète plus rapidement.
- 2. La révolte : actions/associations de « combat » pour l’environnement, pour les plus démunis, contre les injustices en tout genre - on se sent souvent seul, impuissant face à l’inertie du système en place, à force, c’est épuisant et source croissante de « burnout ».
- 3. La prise de conscience qu’un nouveau monde est à venir : chacun de mes choix a un sens. Je ne suis pas seul(e) à rêver d’un monde meilleur et me mets en marche pour le construire avec d’autres… Je soutiens/initie des projets locaux en lesquels je crois. Je me mets en réseau avec d’autres projets. Tout le monde est bienvenu pour cette co-réalisation et peut y trouver sa place. Il ne s’agit plus de se battre « contre », mais d’emmener un maximum de personnes dans cette vision.

Utopie ?

L’utopie n’est pas de croire qu’un autre monde est possible. L’utopie, c’est de croire que le système actuel va continuer à fonctionner indéfiniment : le « développement » (même durable) implique une croissance (utilisation croissante de ressources). Or, nous n’avons qu’une seule planète, ses ressources sont limitées.

Pourquoi ne pas ralentir nos modes de vie, à contre-courant du « toujours plus vite et plus », pour un « moins mais mieux », en retrouvant la sagesse et le cœur !

D’autres crises nous attendent au tournant mais il est possible de s’y préparer dès maintenant. Au lieu d’attendre les politiques (changement lent) ou de se sentir seul et impuissant dans son coin, pourquoi ne pas se mettre ensemble, rêver et construire le monde de demain dès aujourd’hui ? Libérer sa créativité personnelle et collective pour imaginer et construire une autre société. C’est ce que proposent les initiatives de transition.

En cas de choc brutal (crise économique, indisponibilité de ressources importées…) ces micro-initiatives, de par leur nombre et leur diversité, permettront d’absorber le choc et d’éviter le pire. L’élasticité du système, c’est ce qu’on appelle sa résilience.

Les principes [3] de la transition

Vision positive - Donner l’accès à une information de qualité et faire confiance aux personnes pour prendre les bonnes décisions - Inclusivité et ouverture - Activer le partage et la mise en réseau - Bâtir la résilience - Transition Intérieure et Extérieure - La Transition fait sens (la solution est de la même taille que le problème) - Subsidiarité : auto-organisation et prise de décision au niveau approprié.

En pratique

Chaque initiative est une réponse locale à un problème rencontré. Les problèmes sont multiples, les réponses aussi : il n’existe pas une solution unique applicable partout. Chaque personne possède des talents dans lesquels elle peut s’épanouir et grâce auxquels elle contribue à une amélioration de la société. Cette (bio)diversité permet une plus grande résilience.

Un petit noyau d’amis/de voisins se rassemblent et sont à l’initiative d’un projet local ayant un sens face à la réalité qu’ils vivent. Leur projet leur permet de retrouver un pouvoir d’action à échelle locale. Recréer du lien, bâtir ensemble, dans la confiance, un projet qui fait sens. Les thématiques d’actions sont très diverses : économiser l’énergie, se nourrir, se loger, échanger, retrouver du lien social, créer de l’emploi…

Exemples

Liège se dote d’une ceinture alimentaire. - Mise en place d’économies locales. - Une boulangerie qui appartient à ses clients. - Les repair-cafés : au lieu de jeter ses objets ménagers, apprendre à les réparer gratuitement… - Les initiatives locales, collectives et autogérées de « consommation alternative » (les donneries, les systèmes d’échange local, les potagers collectifs…)

Bon à savoir, si l’idée vous en dit…

Peut-être voulez-vous soutenir/rejoindre des initiatives près de chez vous ou peut-être avez-vous envie de faire connaître ce que vous faites déjà ? Voir la carte.
Ne restez pas seul pour démarrer votre projet : d’autres sont passés par là, vous pouvez bénéficier de leur expérience. Le réseau de transition Wallonie-Bruxelles bénéficie de subsides pour soutenir des initiatives. Quelques « facilitateurs » de transition peuvent répondre à vos questions et des formations existent !

Et vous, quel est votre rêve ?

Infos complémentaires


- Réseau Transition Wallonie-Bruxelles
- Formation à venir pour lancer une initiative de transition (28-29 juin)
- Trouver des infos sur les prochaines formations en transition.
- Grande fête de la transition le 24 mai à Bruxelles.

[1Accéder au site des initiatives de transition en Belgique

[2Tableau noir :
- Nous sommes dépendants de la grande disponibilité du pétrole bon marché : transport, alimentation, biens de consommation, chaleur et travail. Or, le pic du pétrole conventionnel (facile à extraire) a été dépassé en 2006 : nous avons brûlé en quelques décennies, ce que la terre a mis des millions d’années à former dans son sous-sol. Le pétrole est de plus en plus difficile à extraire (avec de grandes pollutions à l’extraction) et de plus en plus rare.
- L’utilisation des énergies fossiles provoque un changement climatique et nous assistons à un nombre croissant d’instabilités climatiques (catastrophes naturelles…).
- La mondialisation des échanges de marchandise implique que nous ne sommes plus autonomes en cas de crise (importation de grandes quantités de denrées alimentaires…).
- Les ressources naturelles s’épuisent.
- La biodiversité à échelle mondiale est menacée (disparition d’habitats, d’espèces animales et végétales).
- Les sols (dont nous dépendons pour être nourris) produisent sous perfusion d’intrants chimiques et meurent petit à petit. Les bons sols sont emportés par les pluies (érosion accrue depuis quelques décennies).
- Nous avons déjà connu des crises économiques et les restrictions budgétaires sont croissantes.
- Les familles sont divisées : chaque tranche d’âge a son lieu de vie bien identifié.
- Sans parler de toutes les injustices sociales…

[3Accéder au détail des principes de bases de la transition.


L’habitat durable, c’est plus que l’énergie…

De nos jours, quand on parle de « durable » dans l’habitat, on pense généralement à « isolation », « panneaux solaires », « ampoules économiques », « gain d’énergie »… et pourtant, un habitat durable c’est plus que ça ! C’est aussi :
- ressentir un confort ambiant ;
- utiliser les matériaux adéquats à son type de bâtiment (les nouveaux matériaux ne font pas toujours bon ménage avec le bâti ancien) ;
- respecter la santé des occupants ;
- préserver et favoriser la biodiversité ;
- profiter de son logement pour contribuer à protéger les ressources naturelles (eau, matériaux…)
- reconnaître et comprendre les pathologies de son habitation pour la préserver…

C’est une question de bon sens, de bien-être, de respect, de savoir et d’équilibre.

C’est un état d’esprit !

L’objectif de cette campagne de sensibilisation [1] est de faire comprendre à chacun que derrière le terme « durable » il y a plus que simplement le gain d’énergie. C’est aussi une remise en question de notre mode de vie, de consommation et d’habiter. La maison de l’habitat durable à Charleroi apporte cette petite touche supplémentaire qui n’est pas négligeable. Chacun est acteur, à sa mesure : les petits ruisseaux font les grandes rivières...

[1Cette campagne est organisée avec les fonds FEDER dans le cadre du projet européen Interreg IVb Livinggreen.

logos FEDER Living Green