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la mhd vous informe - 003

bimestriel - 13 mars 2014 - mhd 003

Le soleil est de retour, de quoi permettre aux chantiers d’avancer...


L’habitat durable, uniquement pour les plus nantis ?

La maison de l’habitat durable a organisé, le 17 février 2014, un séminaire consacré à l’habitat durable et la précarité : « Accès et participation des publics fragilisés à un habitat durable : regards croisés des acteurs techniques et sociaux ». Ce fut un succès ! Nous avons compté un peu plus de 150 participants de tous horizons. Un succès assuré par sa préparation en partenariat avec de nombreux acteurs du logement, qu’ils soient administratifs, techniques ou sociaux.

Dans la partie plénière de la journée, nous avons retenu notamment l’intervention très intéressante et très bien accueillie de M. Nordine Farrak (Chargé de mission Habitat pour l’Association Nationale Compagnons Bâtisseurs à Lille). Il nous a parlé de l’expérience de la démarche « Auto-Réhabilitation Accompagnée (ARA) » des Compagnons Bâtisseurs. Cette action a pour objectif l’insertion sociale par le logement. Nous en retraçons les lignes fortes ci-dessous.

Un peu d’histoire

L’auto-réhabilitation accompagnée est une démarche qui existe depuis très longtemps. C’est un « moine blanc » (religieux cistercien) des Flandres qui a développé les premiers chantiers participatifs d’après-guerre, dans les années ’50. Il a sillonné l’Europe pour déterminer quels étaient les besoins des familles, et il s’est vite rendu compte que le principal besoin était un besoin de logement. Il a entamé des chantiers participatifs en auto-construction avec de jeunes bénévoles. Ce mouvement s’est vite développé dans toute l’Europe et a donné naissance dans les années ‘50 au Réseau « Compagnons Bâtisseurs » en France. C’est un mouvement associatif parallèle au mouvement de l’Abbé Pierre et à celui des Castors. Le réseau comporte une centaine de salariés.

L’auto-réhabilitation accompagnée

L’objectif est d’intervenir auprès de ménages fragilisés pour les aider à réhabiliter leur logement. Avec cette particularité que le ménage participe aux travaux. L’objectif est donc double : technique, mais aussi social. Le ménage acquiert des compétences, des savoir-faire et il peut ainsi s’approprier son logement et l’entretenir dans le long terme. Les membres du ménage se remobilisent et reprennent ainsi confiance en eux. Cela améliore aussi les liens dans la famille lorsque plusieurs personnes participent au chantier, même des enfants parfois, sur de petites choses. Les Compagnons Bâtisseurs interviennent beaucoup au départ du chantier et ensuite se retirent progressivement, car cela doit rester le projet du ménage.

Pour citer quelques exemples sur la difficulté d’appropriation de personnes de leur logement, M. Nordine Farrak explique :

Nous arrivons parfois dans des logements où les cartons ne sont pas défaits après un an ou deux de présence dans le logement. Il y a aussi des ménages qui n’occupent pas tout le logement ou qui ne s’approprient pas un nouveau mode de chauffage installé (et se retrouvent avec des factures d’énergie exorbitantes). Nous essayons d’analyser les raisons de cette non-appropriation du logement, d’écouter les personnes et de leur proposer une solution qui soit en relation avec leurs besoins, c’est le projet des personnes.

L’un des points forts de l’auto-réhabilitation accompagnée, c’est qu’elle s’adapte au contexte tant du ménage que du territoire. En Île de France, les Compagnons Bâtisseurs interviennent sur des copropriétés très dégradées dans un contexte social parfois difficile. Dans le sud, ils le font surtout sur des logements collectifs de locataires, et sur l’habitat rural en Bretagne.

Nous incitons aussi les personnes à intervenir sur le chantier d’autres personnes. Cela permet de créer du lien social, de rencontrer d’autres personnes.
Certains ménages ont un logement tellement dégradé, qu’ils n’osent pas ouvrir leur logement de peur d’être jugés. Ils se referment alors sur eux-mêmes. Pour ces ménages, le premier geste à faire est de gagner leur confiance avant d’entamer des travaux. Rendre le logement plus accueillant permet à ces ménages de s’ouvrir aux autres, de créer des liens sociaux.

Pour quels publics ?

Les Compagnons Bâtisseurs, ce sont 1.000 chantiers de réhabilitation accompagnée/an. 20-30 % concernent des chantiers de propriétaires occupants, le reste des chantiers de locataires, pour moitié dans l’habitat social et pour moitié dans l’habitat privé. M. Farrak précise :

Quand nous intervenons auprès de propriétaires occupants, théoriquement, nous pourrions envisager tous les travaux (couverture, chauffage, isolation…), mais nous nous limitons à des travaux que nous estimons reproductibles par les ménages. L’objectif, c’est de leur transmettre des compétences pour qu’ils puissent refaire des travaux par eux-mêmes. Nos travaux sont subventionnés comme des travaux d’entreprises et ils offrent les mêmes garanties. Nous souscrivons une assurance décennale ; les personnes sont ainsi assurées.

Pour les locataires, l’approche globale et les objectifs sont les mêmes, mais nous intervenons sur les travaux qui sont à la charge du locataire. Un décret cadre précise quels sont ces travaux, des travaux principalement d’embellissement (peinture, enduits, revêtements de sol, plomberie…). Notre approche est d’inviter le propriétaire-bailleur à participer à la démarche. Nous réalisons un diagnostic de manière neutre : ce désordre-ci est la responsabilité du locataire, celui-là est de la responsabilité du propriétaire. Grâce au dialogue, nous incitons le bailleur à résoudre les désordres qui sont de sa responsabilité. S’il ne le souhaite pas, nous n’insistons pas ; nous réalisons les travaux en réhabilitation accompagnée à l’issue desquels nous réinvitons le propriétaire. Souvent, à la vue des travaux réalisés, il se dit prêt à entamer des travaux d’isolation, à installer des robinets thermostatiques…

Cela change aussi son regard sur son locataire. Nous faisons donc en sorte que le lien entre le propriétaire et le locataire soit amélioré. Mais parfois, les situations sont tellement litigieuses que ce n’est pas facile.

Des dispositifs complémentaires à l’auto-réhabilitation accompagnée

En parallèle des chantiers d’auto-réhabilitation accompagnée, plusieurs autres dispositifs existent au sein du Réseau Compagnons Bâtisseurs.

- Des animations collectives, des lieux où les Compagnons Bâtisseurs et les ménages travaillent sur des thématiques précises : la plomberie, l’électricité, la décoration, créer des armoires… en groupes de 5 à 6 personnes. L’objectif est de se réunir, d’échanger, de participer à un moment convivial.
- Des outils-thèques. Quand un ménage veut réaliser des travaux chez lui, il a souvent besoin d’une foreuse ou d’un autre outil. Les acheter puis les laisser non utilisés dans le grenier n’a pas de sens. Lors du prêt, les Compagnons Bâtisseurs montrent les gestes d’utilisation des outils. C’est une démarche globale.

Merci à M. Farrak d’avoir témoigné de la pertinence des outils mis en place dans le cadre de la démarche « Auto-Réhabilitation Accompagnée » (ARA). Ils pourraient être les ingrédients de base pour « construire » une recette wallonne afin de stimuler la rénovation solidaire et durable des logements des ménages fragilisés. À suivre…

logo partenaires séminaire 17/02/2014


Carnet d’un chantier : un air de printemps

L’hiver ne fut pas rigoureux ; les toits de Charleroi n’ont pas été très blancs et les luges sont restées au placard. Dommage ! Le maître d’ouvrage et les ouvriers auraient très certainement aimé faire un bonhomme de neige sur la future toiture végétale de la maison de l’habitat durable, en guise d’offrande pour la bonne continuité des travaux.

Donner le temps au temps, pour bien vérifier les détails…

Malheureusement il a plu et la toiture plate a un peu retardé l’avancée des travaux suite à un problème d’étanchéité. Heureusement que l’hiver était pourri, diront les plus optimistes, ainsi nous avons eu la possibilité de vérifier si le toit était étanche…

En effet, sans bonne étanchéité, pas d’isolation. L’isolation et l’humidité ne font pas bon ménage. Gorgée d’eau, la cellulose n’aurait pas tenue le coup, comme tout autre isolant. Nous rappelons simplement ici aux lecteurs qu’il est vivement déconseillé d’isoler sur un mur ou un sol humide, et encore moins dans une toiture non-étanche.

Avancées

Revenons-en à nos moutons… ou plutôt, à la cellulose. Prévus à la base pour janvier, les travaux d’insufflation de cellulose, de frein-vapeur et de test Blowerdoor ont donc été reportés. Notre architecte a revu son planning, consulté les astres et négocié avec les entrepreneurs pour avancer sur d’autres points, principalement en maçonnerie et… en détails importants :

- La façade au niveau du rez-de-chaussée a été « éventrée », nettoyée et renforcée. De quoi préparer son plus beau visage.

- L’arrière du bâtiment a vu s’ériger un nouveau mur de briques rouges, isolé avec du liège, autour de ce qui deviendra les toilettes et la terrasse. On y a également coulé une chape. Vu le caractère passif souhaité pour cette rénovation, il est très important de ne pas négliger la cohésion entre les éléments maçonnés et le bois. Ce qui n’est pas évident. Même pas pour un professionnel. Ici, tout est… dans les détails. Et l’architecte (ou le chef de chantier, s’il y en a un) doit être partout. Force est de constater qu’encore trop souvent, la cohésion entre les différents corps de métiers manque. Or, elle est primordiale.

- Et, l’élément quasi indispensable dans une maison à plusieurs étages, l’escalier ! La maison de l’habitat durable dispose maintenant d’un escalier en béton. Fini les échelles bringuebalantes ! Les visites peuvent enfin se dérouler avec plus de sécurité. D’ailleurs, la Plateforme Maison Passive a eu l’occasion d’organiser une visite en février. Ils étaient vraisemblablement ravis des techniques utilisées.

Mais à l’heure où nous vous écrivons, les « hommes de bois » ont repris le travail et préparent notamment les travaux d’isolation. Tout comme le couvreur, par une belle après-midi, nous l’avons surpris en train d’isoler la toiture plate avec du liège. Le soleil arrive, les travaux avancent…

Voir plus de photos du chantier...


Nos prochaines activités

- Atelier : Réaliser ses peintures naturelles samedi 22 mars 2014 de 10h à 15h pour tous
- Séance d’info : Le passif en rénovation mardi 25 mars 2014 de 17h30 à 19h pour tous
- Atelier : L’utilisation de la chaux en rénovation/construction samedi 29 mars 2014 de 10 h à 17h pour tous
- Séance d’info : Construction/rénovation - Choisir une essence de bois jeudi 3 avril 2014 (date à confirmer) de 17h30 à 19h pour les professionnels
- Atelier : Habitat et gestion de l’eau - pour tout savoir sur le cycle de l’eau, la récupération de l’eau de pluie, le traitement individuel des eaux usées, l’utilisation de toilettes à litières... samedi 26 avril 2014 10h à 13h pour tous
- Dans le cadre des 125 ans d’action publique du logement : halte à la mhd sur la thématique « nature et biodiversité », en présence de Natagora (expo, info sur les nichoirs à insectes, concours de dessin pour les enfants...) - plus d’info prochainement sur les 125 ans d’action logement à Charleroi dimanche 27 avril 2014 14h à 17h (à confirmer) pour tous

125 ans d’action publique en faveur du logement !

La SWCS et le FLW fêtent cette année les 125 ans d’action publique en faveur du logement !

Le saviez-vous ?
Aujourd’hui, un Wallon sur cinq bénéficie d’une aide publique pour son logement, soit :
- par le biais d’un crédit hypothécaire à taux réduit ;
- parce qu’il loue un logement public ;
- parce qu’il bénéficie d’une aide pour le paiement de son loyer ;
- ou encore parce qu’il bénéficie d’une aide pour rénover ou améliorer les performances énergétiques de son logement.

L’aide publique en matière de logement existe depuis 125 ans déjà puisque c’est en 1889 que des sociétés de crédit pour l’accession à la propriété d’habitations ouvrières et des sociétés de construction de logements locatifs ont vu le jour.
Le logement est, en effet, devenu un élément essentiel du développement économique et social wallon de par l’important développement industriel du XIXe siècle.

Afin de fêter cet évènement, la SWCS et les guichets du crédit social, mais également le FLW, ainsi que d’autres partenaires actifs dans le secteur du logement, prennent part à l’organisation et l’animation de 20 journées locales qui permettent au grand public de partir à la découverte de l’action publique logement.
Ces évènements sont organisés sur l’ensemble de la Wallonie durant les week-ends de février à mai 2014.

Durant chaque après-midi, de multiples activités seront proposées : une exposition présentant les différents acteurs du logement et leurs réalisations ; des circuits pédestres et motorisés de découverte de l’action publique logement ; des points d’information sur les différentes interventions et aides disponibles..., chaque journée se clôturant festivement.

De l’ouest à l’est, en passant par le centre et le sud, retrouvez le programme de toutes les activités qui vous seront proposées.

Notez toutefois une date toute particulière, celle du dimanche 27 avril. Cet après-midi sur la thématique du « partenariat logement » débutera et se clôturera au Vecteur (30 rue de Marcinelle à 6000 Charleroi). Sur le parcours pédestre organisé, une halte est suggérée à la maison de l’habitat durable sur la thématique de la nature et de la biodiversité (10, rue de l’Écluse à 6000 Charleroi) entre 14h00 et 17h00.

Plus d’infos :
- Les 125 ans d’action logement
- Programme concernant les activités à Charleroi bientôt disponibles sur ce lien.


Tout est bon… dans le mouton wallon

Vous avez probablement vu ou entendu la campagne de promotion de l’APAQ-W (L’Agence wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de Qualité) concernant la nouvelle pastille de reconnaissance au profit de tous les agriculteurs wallons. C’est un nouvel outil de promotion dans le but d’identifier clairement et rapidement les produits issus de l’agriculture wallonne. Consommez local, c’est plus durable… Chez-nous, on aime ce genre de promotion.

L’APAQ-W invite ainsi tous les producteurs et/ou transformateurs wallons, de toutes les filières de production, à apposer gratuitement la pastille Agriculture de Wallonie sur leurs produits. En gros, tout ce qui se met en bouche : pain, lait, volailles, fruits et légumes, miel, viandes bovine, porcine et ovine…

Mèèèèè, et la laine ? Dit le mouton. Et nous aussi d’ailleurs… On sait que ça ne se mange pas la laine. On sait aussi qu’on en fait des pulls, des feutres et… des isolants ! Pour rester dans cette logique : Consommez local, c’est plus durable… Nous nous sommes demandé s’il existe un producteur d’isolant en laine de mouton en Belgique ? Cela nous a conduit vers « la filière laine »…

La filière laine en Belgique

En 2010, Sophie Deger et Ygaëlle Dupriez, de l’asbl NGE2000, se rendent compte que l’exploitation de la laine de nos moutons pose des questions d’ordre économique, écologique et même éthique. En effet, au fil de conversations et de rencontres informelles, elles ont recueilli des témoignages interpellants venus de sources différentes.

Après quelques recherches, elles se rendent compte que la situation de la laine de mouton en Belgique est très contrastée :

Le côté négatif
- la disparition quasi totale - sur le territoire belge - d’entreprises travaillant la laine ;
- la quasi totalité de la laine récoltée part en Chine, sans exigence de qualité ;
- la méconnaissance de la laine de la part d’un grand nombre de professionnels (designers, industriels, artisans, bergers, etc.),
- la majorité des artisans achètent leur laine sur des sites internet. Elle provient d’Australie, en passant le plus souvent par la case « Chine » pour les opérations de lavage, cardage, teinture, etc.

Le côté positif
- la présence de nombreux éleveurs ovins, professionnels ou amateurs ;
- la présence à Verviers d’une des dernières entreprises de lavage de laine d’Europe ;
- la demande de consommateurs pour des matières naturelles, nobles, durables ;
- l’existence de nombreux artisans/artisanes qui travaillent la laine...

Deux questions se posent donc : Est-ce que la valorisation locale de la laine peut devenir un outil de développement local durable ? Et que faire, comment et avec qui ?

A l’issue d’une enquête et d’une rencontre de travail intitulée « Valoriser ICI la laine de moutons – Est-ce possible ? Avec qui ? Comment ? », un Comité de pilotage de la (future) Filière laine est mis en place et démarre ses travaux. Que vous pouvez découvrir sur ce lien : www.laines.be

Isoler en laine : faut-il craindre les mites ?
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Pour en revenir aux isolants ; la laine de mouton en isolation a la particularité de bien gérer l’humidité. Comme beaucoup d’isolants naturels me direz-vous. Oui, mais plus encore que les autres matériaux naturels, la laine de mouton peut tout de même prendre jusqu’à 30% de son poids en eau, tout en gardant ses propriétés isolantes. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne doit pas être du tout protégée de l’humidité. Malgré une densité faible (+/- 12 kg/m3) elle est un bon isolant phonique pour les bruits aériens. Ces propriétés sont notamment dues à sa structure en écailles de pomme de pin (observable au microscope). Ces écailles s’ouvrent en présence d’eau et la captent. Les irrégularités dans la surface du poil permettent également au matériau de piéger davantage les bruits aériens.

La laine de mouton n’attire pas les rongeurs, elle possède des capacités de rétractation qui empêchent les rongeurs de s’y installer. Mais qui dit « isolant en laine » pense immédiatement aux mites. En effet, les isolants se retrouvent la plupart du temps à l’abri de la lumière. Ils courent donc le risque d’être attaqués par les mites. Un traitement s’avère nécessaire ; mais lequel ? Les isolants en laine de mouton que vous trouverez sur le marché sont généralement traités avec du sel de bore. Souvent présentés en rouleau, ces isolants contiennent toujours +/- 10% de fibres synthétiques pour permettre leur tenue.

Vous trouverez ce type d’isolant généralement chez des revendeurs de matériaux naturels.

Liens :
- Info sur la pastille "Agriculture wallonne"
- Accéder au site de la filière laine wallonne